Dépôt de bilan de Virgin : une conséquence de l’évolution des pratiques culturelles des Français ?

Mercredi 9 janvier, Virgin Megastore, une des grandes enseignes de biens culturels a déposé le bilan devant le tribunal de commerce de Paris. Face à d’importants problèmes financiers, l’entreprise n’a pas, selon les représentants syndicaux, les moyens de mettre en place un plan social pour les 1000 employés qui travaillaient dans un des 26 magasins Virgin.

Cette faillite est pour certains un symbole du mal qui frappe actuellement le secteur des biens culturels. L’origine de ce mal ? La chute drastique des ventes de CD et DVD, des supports de plus en plus délaissés par les consommateurs. Entre 2007 et 2011, les ventes de disques ont diminué de près de 38% selon les chiffres du SNEP (Syndicat National de l’édition Phonographique), au profit des ventes numériques, qui ont plus que doublées sur la même période.

Cette tendance est directement liée à l’essor du e-commerce, les consommateurs préférant télécharger (de manière légale ou non) des CD ou des DVD depuis chez eux plutôt que de se rendre dans un magasin culturel comme Virgin. Un des grands gagnants de cette évolution est le géant Amazon, qui partage près de 80% des parts du marché de la musique avec iTunes (respectivement 66,2% et 13,3%). La désertion des magasins culturels concerne en particulier les jeunes : 91 % des adolescents écoutent de la musique en streaming d’après les chiffres de Kantar Media. Internet semble donc le premier à blâmer pour le sort de Virgin Megastore.

Mais encore une fois, le Web ne serait-il pas accusé à tort d’un crime qu’il n’a pas commis ? Les dirigeants de Virgin auraient-ils échoué à percevoir une transformation profonde des pratiques des français en matière de consommation culturelle ? D’autres magasins culturels ont visiblement su mieux apprécier l’évolution de la demande, comme Leclerc ou Cultura. Ils se sont adaptés notamment en plaçant leurs enseignes en périphéries, où l’offre culturelle est moins accessible qu’en centre-ville. Autre atout de ce positionnement géographique, des charges bien plus modestes que le loyer estimé à environ 6 millions d’euros pour le magasin Virgin des Champs-Elysées. Enfin, c’est en diversifiant l’offre que ces enseignes tirent leur épingle du jeu : privilégier les livres ou même le matériel d’arts appliqués sur la musique permet de s’implanter dans des secteurs où la concurrence d’Internet se fait moins forte.

Ainsi, il semble bien que ce soit le mauvais calcul de Virgin qui ait provoqué sa faillite, et non le monde 2.0 qu’est Internet aujourd’hui. Ou plutôt, c’est le fait de ne pas avoir su s’y adapter qui l’a amené droit dans le mur.

Sources :

http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/04/virgin-fnac-ventes-cd-megastore-amazon-itunes_n_2408057.html

http://www.lefigaro.fr/societes/2013/01/09/20005-20130109ARTFIG00270-virgin-megastore-confirme-le-depot-de-bilan.php

http://www.journaldunet.com/cc/01_internautes/inter_jeune_fr.shtml

http://www.zdnet.fr/actualites/musique-en-ligne-apple-et-amazon-se-partagent-80-du-marche-39756979.htm

JT 20h France 2 – 14/01/2013

Rapport du SNEP sur l’économie de la production musicale édition 2012

Caricature Charlie Hebdo

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